Le point de départ
Ce que votre page donne à entendre
Une gestionnaire de votre organisme cherche le formulaire de demande de congé. Elle navigue au clavier, avec un lecteur d'écran. Pour s'orienter, elle parcourt les éléments de la page un à un.
Sélectionnez un élément ci-dessous pour entendre ce qu'elle reçoit. Au clavier : Tab pour passer d'un élément à l'autre, Entrée pour l'entendre.
Extrait d'une page d'intranet, telle qu'elle est publiée aujourd'hui.
Ce qui est annoncé
Sélectionnez un élément pour afficher son annonce.
Ce qui vous concerne
La conformité ne se décide pas en réunion
Depuis le 29 avril 2024, le Standard sur l'accessibilité des sites Web du gouvernement du Québec exige que tout nouveau contenu web des organismes publics, et tout contenu modifié de façon importante, respecte le niveau AA des règles WCAG 2.1, avec quelques ajouts. L'obligation vise tous les types de contenus web, documents téléchargeables et multimédia compris, sur les sites publics comme sur l'intranet.
Dans votre organisme, la conformité relève officiellement du dirigeant. Mais il n'écrit pas vos pages. La conformité s'écrit ligne par ligne, par les gens qui publient. L'essentiel de ce qui bloque vraiment tient dans trois gestes.
Geste 1 sur 3
Les titres structurent, ils ne décorent pas
Pour un lecteur d'écran, les titres forment une table des matières navigable. L'erreur la plus fréquente n'est pas de les oublier : c'est de choisir leur niveau selon la taille du texte à l'écran. Visuellement ça marche. Structurellement, on vient de créer une sous-section d'une section qui n'existe pas.
Niveau choisi pour l'apparence
Titre 1 : Demandes de congé Titre 4 : Congé annuel Titre 2 : Congé sans solde
La hiérarchie annoncée ne correspond à rien. Le lecteur d'écran signale un saut de niveau, puis une remontée inexpliquée. L'utilisatrice ne peut plus se fier au plan.
La question qui tranche : « est-ce que cette section fait partie de la précédente ? ». Si oui, elle descend d'un niveau. Si non, elle reste au même. Jamais de saut vers le bas. La taille du texte se règle dans le gabarit.
Geste 2 sur 3
Décrire l'intention, pas l'image
La question n'est pas « qu'est-ce qu'on voit ? » mais « qu'est-ce que cette image apporte ici ? ». La réponse change le texte à écrire. Parfois, elle commande de n'en écrire aucun.
Cas 1
Elle porte une information
Un graphique, un schéma, une photo qui documente. L'alternative transmet l'information, pas l'apparence.
« La participation est passée de 34 % à 61 % entre 2022 et 2025. »
Cas 2
Elle est décorative
Une photo d'ambiance, une icône à côté d'un texte qui dit déjà la même chose. Alternative vide : l'instruction explicite de passer outre.
alt="" : rien n'est annoncé, et c'est voulu.
Cas 3
Elle contient du texte
Une affiche, une infographie. Tout le texte visible doit exister ailleurs : dans l'alternative si c'est court, dans la page si c'est long.
S'il n'existe nulle part ailleurs, un texte enfermé dans une image n'est ni lu, ni agrandi, ni traduit.
Le test qui ne trompe pas : lisez votre page à voix haute en remplaçant chaque image par son alternative. Si le sens tient debout, c'est réussi. Si vous vous entendez décrire des choses inutiles, retirez.
Geste 3 sur 3
Un lien dit où il mène
Beaucoup d'utilisateurs demandent à leur logiciel la liste des liens d'une page, hors de leurs phrases. C'est là que « cliquez ici » s'effondre.
Liste des liens de la page
cliquez ici en savoir plus cliquez ici ici
Quatre entrées, aucune destination, deux doublons qui ne mènent pas au même endroit. L'utilisatrice doit relire la page en entier.
Deux réflexes en plus. Si un lien ouvre un document, dites-le dans l'intitulé. Le format et le poids évitent une mauvaise surprise. Et si deux liens portent le même intitulé, ils devraient mener au même endroit.
À vous
Trouvez les trois problèmes
Voici un avis prêt à publier sur l'intranet. Il contient exactement trois problèmes d'accessibilité, un par geste. Sélectionnez ce qui cloche.
Formation obligatoire
Une nouvelle formation est offerte à tout le personnel. Pour vous inscrire, cliquez ici.
[Image d'une affiche : « Formation en prévention des infections, 14 novembre, salle B-210 ». Texte alternatif : « affiche ».]
La limite de votre rôle
Ce que vous ne réglez pas seul
Savoir où s'arrête votre rôle fait partie du métier. Quatre situations demandent un renfort :
- La vidéo. Sous-titres exacts et synchronisés, parfois audiodescription. Les sous-titres générés automatiquement doivent être relus et corrigés.
- Les PDF. Un PDF accessible est balisé, avec structure de titres et ordre de lecture défini. Exporter en PDF depuis un traitement de texte ne produit pas ça tout seul.
- Les tableaux complexes. En-têtes sur deux niveaux ou cellules fusionnées : le balisage devient précis.
- Les formulaires. Étiquettes associées, erreurs annoncées, instructions avant la saisie.
Demander de l'aide sur ces quatre points n'est pas un aveu de faiblesse. Publier un PDF inaccessible en croyant l'avoir rendu conforme, ça, c'en est un.
À emporter
Trois questions, moins d'une minute
Avant de publier, posez-vous celles-ci. Elles ne couvrent pas tout le standard. Elles couvrent ce que vous produisez tous les jours.
- Mes titres racontent-ils la structure ?
Lus seuls, dans l'ordre, ils devraient former un plan compréhensible.
- Si je retire mes images, manque-t-il quelque chose ?
Si oui, l'information doit vivre dans l'alternative ou dans la page.
- Mes liens, hors de leurs phrases, disent-ils où ils mènent ?
Lisez-les à la suite : la liste doit rester utilisable.