Le cas
Une phrase que personne ne conteste jamais
Objectif, tel qu'il s'écrit partout
« À la fin de cette formation, les participants comprendront l'importance de la confidentialité. »
Elle passe en réunion, elle passe au devis, elle passe au comité. Puis la formation a lieu, et quelqu'un demande si l'objectif est atteint.
Personne ne sait répondre. Non parce que la formation était mauvaise, mais parce que la phrase ne dit rien qu'on puisse aller vérifier.
Le banc d'essai
Changez le verbe, regardez ce qui reste à observer
Le reste de la phrase ne bouge pas. Seul le verbe change. À chaque fois, demandez-vous ce que vous verriez la personne faire.
À la fin, la personne sera capable de choisir un verbe les renseignements confidentiels qu'elle manipule.
Choisissez un verbe
Ce que vous pourriez observer
Choisissez un verbe pour voir ce qu'il laisse à constater.
Vous venez de le voir : certains verbes ne laissent aucune trace. Ce ne sont pas de mauvais mots : ce sont des états intérieurs, et un état intérieur ne s'observe pas. Un objectif se rédige avec un verbe qui produit quelque chose à regarder.
Un essai
À vous
L'objectif à réparer
« Les gestionnaires seront sensibilisés aux risques de l'intelligence artificielle générative. »
Laquelle de ces réécritures tient ?
Ce que vous emportez
Une question, à poser demain matin
« Qu'est-ce que je verrais la personne faire ? »
Posez-la devant n'importe quel objectif qui passe sur votre bureau. Si vous ne pouvez pas y répondre en une phrase concrète, ce n'est pas la formation qui est en cause : c'est le verbe. Changez-le, et tout le reste (le contenu, l'activité, l'évaluation) se met en place presque seul.
C'est aussi, accessoirement, la première question que je pose en début de mandat.